Fusion et startup

Aujourd’hui je vais vous raconter une histoire qui va probablement vous paraître pas très grave au premier abord mais qui à influencé fortement la vie d’une start-up et donc de ses salariés, mais qui va sans doute la mener à sa perte si rien n’est fait.

Fusion et startup
Fallait que je le place.

Aujourd’hui je vais vous raconter une histoire qui va probablement vous paraître pas très grave au premier abord mais qui à influencé fortement la vie d’une start-up et donc de ses salariés, mais qui va sans doute la mener à sa perte si rien n’est fait.

L’histoire d’une start-up qui a subit une fusion lors de sa première année d’activité.

Il était une fois…

Le tout commence il y a 4 ans, jeune diplômé en Informatique et Management je cherchais un stage et je fuyais les SSII comme beaucoup de gens aujourd’hui. J’avais dans l’idée qu’une ambiance sympa me permettrai de m’épanouir, je cherchais donc une entreprise qui me ferait confiance (le rêve de la génération Y, nope juste le rêve de tout un chacun).

J’ai atterri dans une start-up embryonnaire qui n’avait aucune organisation, pas d’argent et plein de rêves. Le projet m’a immédiatement plu, car ancré dans son temps, résolument innovant et surtout, lié au monde du mobile.

Je n’avais aucune expérience et nous étions 4 dans l’équipe de développement dont 3 stagiaires. J’ai rapidement commencé à mettre en place une gestion de projet agile et adapté à notre toute petite équipe. Les sides projects clients pour survivre sont arrivés, il fallait délivrer tout en travaillant sur notre vrai projet de start-up, bref vous connaissez l’histoire.

La start-up

Super Hero team is growing

Nous construisions alors l’identité de l’entreprise sans le savoir, l’identité de notre futur produit, notre super équipe et un boss tout à fait dans son rôle de CEO (nous soutenir, chercher de l’argent et avoir une vision stratégique)

Au bout d’un an et demi l’équipe s’était agrémentée de 3 personnes, que nous avions choisi tous ensemble, chaque entretien d’embauche était un rituel qui nous ressemblait, nous voulions des personnes qui allaient s’amuser, des passionnés.

Nous avions notre recette secrète magique fantastique pour un entretien parfait :

  • Une partie motivation du candidat
  • Une partie technique assez poussée, j’ai un amour du beau code, et l’équipe aussi pour que cela apporte à nos soft qualité, maintenabilité et performance. Sans cela n’importe quelle entreprise qui fait du logiciel sale cours forcément à sa perte (sauf produit très innovant et demandé mais dans ce cas vous aurez assez d’argent pour refondre le logiciel pour qu’il soit au top)
  • Une partie plus “détente” avec des questions idiotes mais qui nous permettait de mieux connaitre la personne et savoir si elle pourra bien s’intégrer à l’équipe.

Tout ca pour dire que nous étions une équipe très soudée, la musique dans le bureau, et bien sûr nos préceptes bien ancrés dans l’esprit de chacun.

Humilité, Curiosité et Bienveillance

La critique était donc acceptée avec joie, nous étions dans une démarche d’amélioration continue parfaitement ancrée dans les idéaux hipster / startup 😆

Nous étions également conscient des problèmes de trésoreries, mais bon c’est l’aventure start-up, il faut faire des sacrifices et accepter l’incertitude.

Element déclencheur 👻

Un de nos investisseur, le plus important à l’époque a su trouver une synergie avec une autre entreprise dans laquelle il investissait depuis des années qui était en mauvaise posture, en dépôt de bilan même. Cette entreprise (que nous appellerons “Entreprise A”) possédait, via son dirigeant notamment, une expertise dans un domaine complexe au premier abord et qui nous intéressait fortement pour notre produit. Au terme des négociations nous allions accueillir deux nouvelles personnes d’une autre entreprise et qui allaient devenir nos nouveaux co-équipiers.

OUAIS DES GENS EXPERIMENTÉS QUI VONT NOUS APPRENDRE LA VIE !

Nous étions très heureux de faire connaissance avec des personnes ayant des années de métier derrière eux et possédant une expertise — n’oubliez pas que nous étions tous jeunes diplômés et peu expérimentés.

Etant très curieux nous avions, les premiers temps beaucoup posé de questions sur leur compétences, leur logiciels etc. En savoir plus pour mieux les intégrer.

Ces nouveaux, qui venaient de l’entreprise A, nous allons les appeler les A pour que ce soit plus simple pour vous de constater les différences.

Vision de la connaissance

Je ne sais pas vous mais moi les excellentes personnes que j’ai pu rencontrer dans mon domaine (donc le numérique) sont des personnes qui ont une veille très efficace et une soif d’apprendre.

L’histoire est globalement toujours la même me concernant, je remarque quelque chose d’interéssant dans mon flux, je le teste, juste pour voir si c’est assez simple à utiliser, à maintenir, si la communauté est là et si c’est scalable, ensuite si la techno me convient et qu’elle sera vraiment utile à l’entreprise en terme de gain de temps / argent / qualité alors je propose de l’implémenter sur un projet qui en bénéficierai, c’est mon boulot de CTO.

Nous étions des habitués de l’auto-formation, chaque membre de l’équipe sait apprendre via internet, s’adapter et proposer de nouvelles techno et surtout n’a pas peur du changement.

Nous avons été éduqué de cette manière, de par nos formations notamment.

L’équipe A avait plutôt une vision inverse qui était de garder ce qui fonctionne, et de tout faire avec la même technologie. Cela permet d’être très performant dans cette technologie tout en gardant une cohérence du système. En effet pas besoin d’imaginer une architecture complexe de communication entre les différentes partie d’un système, ils se comprennent déjà nativement.

Classique mais sans surprise vs Evolutif mais complexe

Difficile de vous dire quelle est la meilleure solution, comme toujours c’est un juste milieu.

La où nous sommes volatile et opportuniste nous avons pu côtoyer la manière inverse de penser la compétence : Se poser et se spécialiser.

Le seul bémol est que dans un contexte start-up, où il faut être en avance de phase, surveiller le marché, trouver des solutions logicielles ou organisationnelle qui nous ferons évoluer plus rapidement que les autres, c’est une question de survie que de faire de la veille.

L’avenir est incertain, nous avons toujours appris à être malin et flexible pour savoir jongler avec les solutions naturellement.

De plus la spécialisation implique également une ouverture d’esprit si l’on ne souhaite pas stagner et manquer d’inspiration.

Un bon spécialiste est un spécialiste qui sait se remettre en question et reste ouvert à la culture de son domaine et autour de sa spécialité.

Vision Technologique

L’entreprise A avait l’habitude de travailler avec des technologies propriétaires limitées à un système d’exploitation et à des langages propriétaires. Nous avions choisi une voie complètement contraire.

En effet start-up et hipsteritude oblige, mais surtout budget limité et auto-formation nous ont mené au choix de l’open source depuis nos débuts.

Cohabitation technologique complexe, puisqu’elle implique également une vision des choses différentes, vous savez on peut rapidement arriver à du Mario VS Sonic et du PS4 VS Xbox.

On nous disait qu’utiliser la ligne de commande c’était “préhistorique”

Pour nous, utiliser une interface graphique correspond à une perte de temps conséquente et à un manque de contrôle.

Le cadre de travail

Habitué à travailler dans des bureaux fermés et / ou cloisoné, ‘A’ à très vite compris que l’open space n’était pas vraiment propice au calme et au silence.

L’équipe trop enthousiaste que nous étions provoquait alors du vacarme. Du coup, pour que tout le monde puisse travailler correctement, nous avons arrêté la musique, arrêté de parler à travers la pièce et les messes basses ont alors commencé.

On ne parlait plus à voix haute, ce qui à grandement amélioré la concentration de chacun, mais sans l’instauration de réunions la communication à très vite été inexistante.

Le boss ne voulait pas reproduire la “réunionite” qu’il avait trop souvent vécu dans ses anciennes boites, mais aucune réunion régulière n’a été mise en place.

Conclusion

Un mur sépare nos deux équipes, chacun dans une pièce la communication est quasi inexistante et donc l’incompréhension, les non-dits et le sentiment de ne pas appartenir au même monde rend la productivité, la cohérence du travail et la qualité de celui ci très mauvaise.

Que faire? Si vous avez une idée, je suis très ouvert au débat et aux conseils, je ne peux que m’en vouloir de mon incompétence, je n’ai pas su trouver comment faire fusionner deux cultures d’entreprise.

Nous essayons d’embaucher toujours des personnes jeunes, mais c’est leur mentir quand nous leur vendons l’experience start-up.

TL:DR

Fusionner des pros SSII et des pros Start-up a mené à une annulation des effets bénéfiques de chacune des deux façon de voir l’entreprise informatique. Avec un médiateur spécialisé je pense que nous aurions pu obtenir le meilleur des deux mondes.

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